Etait-ce le jour ? Etait-ce la nuit ? Il ne le savait plus.
Chaque cycle, ça recommençait. Sans fin. Jusqu’à plus faim.
Il était bloqué dans ce demi-jour gris, sans savoir pourquoi, et il en était gris.
Pas de gri-gri magique pour s’en échapper. Pas de tour de passe-passe, et il se sentait en trépas. Etourdi par cette boucle infinie, mais insuffisamment trépané.
Il se sentait… comme un… f… fauve. C’est, ça, le mot : « fauve ». Il en perdait la boule, avait l’araignée au plafond, devenait frapadingue. Il aurait aimé sortir tout le vocabulaire possible. Mais il commençait à tout oublier, à force de tourner en rond.
C’était un de ces jours, comme un dimanche automnal, sous la morne grisaille céleste, qui se lestait d’une atmosphère visqueuse. Un jour à rester buller en jogging et à guetter une éclaircie par la fenêtre. C’était d’ailleurs ce qu’il faisait ; il était bloqué dans cette espèce d’espace-temps indéfini, dans un dénuement matériel qui laissait penser que sa vie parvenait à son dénouement.
Il ne se rappelait plus de son prénom. Ni de sa vie d’avant.
Cette journée recommençait inlassablement, et la nuit itou. Il ne faisait même plus la différence ; il s’en moquait de plus en plus. Des jours anthracite, des nuits sans reflets bleutés. C’était pareil.
◊◊◊◊◊
D’un coup, il y eut comme un déclic dans son cerveau, en même temps que le pêne cliquetait.
Le geôlier lui ouvrit la porte.
« C’est la fin. Avez-vous une dernière volonté ? »
