Atelier 011

Les profondeurs: La source du bloop

Parwyrmaker 29 mars 2018

Sujet : Rencontres, sujet 5 : "Rencontre du troisième type"

Bloop

Nous voilà équipés pour plonger. Nous avons chacun serré contre soi notre grigri en espérant le retrouver en revenant entier. Ils Nous attendrons, posés sur ce meuble, qu'on ressorte des flots inconnus. On se laisse tomber en arrière, un grand fracas et nous voilà en train de s'enfoncer dans l'univers du silence. Notre poids ne se ressent presque plus quand celui de l'eau augmente de plus en plus au dessus de nos têtes et scaphandres. chacun notre tour, nos pieds rencontrent le substrat. Une nappe opaque se soulève alors. De longues secondes de silence et d'aveuglement nous sépare , alors que le soleil est encore sensé nous atteindre.



Une aile sur mon visage!
C'était une raie qui s'enfuyait suite à notre intrusion. Alors que je n'ai pas le temps d'approcher mon bras de mon visage pour l'en protéger, l'animal plane déjà au loin. Voilà que mon cœur manque d'éclater à la vue d'un animal connu, ce sera quoi avec ce qu'on a entendu au fond?

Les battement de ses nageoires chassent la brume de sable et révèle mon équipe derrière moi. Je pense qu'ils n'ont rien vu de la scène. Je me retourne...1,3,5. On est bons. Je fais signe et j'avance le premier en avant sur cette étendue de sable semblable à un désert. Rapidement, un précipice, une falaise. Je saute en me retournant et coule en me tenant à la paroi. J'ai l’impression d'être un surhomme en train d'escalader à la simple force de mes mains.
Le soleil va vite nous manquer. Mes lampes s'allument automatiquement. Un immense rond de lumière frappe le flanc de la falaise et m'accompagne en rampant sur ce mur. 4 autres faisceaux lumineux directement envoyés sur la roche me suivent.
Je dois être le plus prudent de tous. si je descend trop vite, ils perdront ma trace dans les abysses, si je vais trop lentement, non seulement je ne pourrait pas informer le groupe à temps d'un danger, mais je risque de finir écrasé sous mes compagnons de voyage à l'arrivée.

Me voilà leader de la descente la plus longue de ma vie, pour rencontrer un "bloop" entendu par une machine. Et c'est quand je commence à questionner le voyage que des crustacés commencent à gêner ma descente, je les prend pour le support. Tant bien que mal, nous voilà arrivés, entrainant dans notre chute quelques crabes qui ont fait le grand saut pour ne pas être "dévorés" par nos mains envahissantes. Les animaux et leur nombreuses pattes et pinces tombent sur le fond rocheux ainsi que nos 10 pieds.
Fonce vers nous une ombre! Elle reste à distance et tourne autour de nous mais sa vitesse lui permettrait de nous toucher en un instant. Elle ralentie, accélère brusquement...recommence.
C'est un manège étourdissant pour nous qui ne pouvons tourner la tête plus vite que la bête qui ne se présente pas.
Il a disparu. Je réalise qu'il frôlait le sol et... les crabes ont disparus avec lui.
Nos 5 projections de lumières s'agitent en n'éclairant que la neige marine, fine poussière qui tombe jusqu'au fond d'une lenteur extrême. Des projecteurs d'Hollywood surexcités d’annoncer un film d'horreur. quand l'un des faisceau s'arrête net sur la forme juste au dessus de nous. Une queue immense ondulant pour faire du sur place, et un long bec en pointe orienté vers mon collègue. L'être a une apparence serpentesque, entre l'anguille et l'oiseau...Pas d’œil. Mais le bec est pointé droit vers le torse de mon ami d'où viens la lumière.
Le bec s'entre-ouvre, laissant sortir de part-et-d'autre comme deux serpents de chair rattachés à l'intérieur de la gueule. Des langues? des bras?. L'homme essaye de reculer doucement, mais est trop lent. L'animal touche la source de lumière de façon répétée, poussant un peu le malheureux qui tombe sur l'arrière train, en panique. Le serpent continue de palper la petite vitre séparant l'ampoule de l'eau. Quand un bras vient repousser l'animal, il recule. Il est infiniment trop rapide et se joue de nous! Il va nous bouffer à petits feux! où est-il? Les 5 faisceaux de lumière convergent sur un point un peu plus loin, on voit la queue de la bête. Il nous tourne le dos. Allons vite aider notre pauvre ami à terre avant qu'il ne revienne. Le voilà debout avec l'aide de trois gaillard pendant que le dernier éclaire l'animal. à aider mon collègue, je tourne le dos à la bête. Une main posée sur mon épaule en guise d'avertissement m'indique qu'elle revient. Je me retourne le plus vite possible et me voilà nez à nez avec l'immense bec. Ses drôles de petites mains baladeuses ressortent de sa gueule pour taquiner mes mains cette fois-ci. Je lui saisit chaque membre par réflexe. C'est mou, et il arrive à se défaire pour retendre ses membres de nouveaux. Il m'invite à recommencer? Mes épaules redescendent à mesure que nous répétons cette action. C'est un jeu? Tant qu'il ne m'attaque pas, ça me va.

Le temps! Nous allons manquer d'air bientôt. Et je suis là à jouer avec une créature des profondeurs qui pourrait m'arracher la tête si elle le voulait. Je fais signe à mes collègues de remonter, l'un d'entre eu deviendra le guide pendant que j'essaye de me débarrasser de l'animal. Je vais à reculons vers le flanc rocheux.
Quand mes collègues l'atteignent, la créature rétracte ses membres et nage rapidement vers eux. Mon Dieu, que va-t-il faire!? J'agite ma lumière vers eux pour tenter de les avertir. Le serpent de mer les double et leur fait barrage, tête en bas, contre le mur de pierre, juste avant qu'on ne rencontre les crabes. Je me dépêche de les rejoindre, je me rue, mais je ne peut pas me permettre d'épuiser mon oxygène trop vite. Je ne vois rien, concentré à aller le plus vite possible. Tout se passe au dessus pendant qu'ils tentent de grimper et que cette chose est sur le chemin. Que peut-il bien faire? Personne ne m'est encore tombé dessus, c'est bon signe. Je grimpe, vite. Je le lève la tête, je vois leur lumières se suivre en allant sur le côté. Ils contournent l'animal? Ma lampe ne pouvant éclairer au dessus de moi, je ne vois que le bout de mur éclairé par les 4 autres.
Je les suis sans réfléchir. Quand je tombe nez à nez avec un crabe, un des bras de chair avec lequel j'ai joué le saisi et le tire plus loin, comme un enfant vous arrache un jouet. De la surprise, je tombe d'un mètre ou deux, mais je m'assure et reprend mon ascension. à chaque crabe croisé, on me le retire de sous mon nez. La présence nageant dans mon dos fait mouvoir l'eau. Je le sens foncer entre nous 5 et récupérer les crabes... Pourquoi? Je m'en moque, du moment qu'on revoit le jour.
On monte, c'est long, mais au bout d'un moment, les crabes et la bête ne nous apparaissent plus. La solitude de la grande bleue nous accompagne quand les premiers rayons du soleil nous atteignent.
On aura une drôle d'histoire à raconter à notre famille une fois le pied sur terre.

Commentaires (3)

Yoxigen 29 mars 2018 à 21:23
Jusqu'au dernier paragraphe, je savais pas s'ils s'en sortiraient ou non. L'entrée en matière et le suspens sont super bien gérés, bravo !
plancton2000 29 mars 2018 à 22:35
l'ambiance est vachement chouette, établie en peu de temps, et on y reste émergés tout le long. merci :D
PamelaChougne 29 mars 2018 à 23:03
Je suis impressionnée par la manière habile que tu as eue de mélanger des côtés extrêmement réalistes et d'autres qui le sont beaucoup moins, ça donne une atmosphère "profonde" à ton texte :)