Atelier 012

Que tombe la neige

ParMaHell 5 avril 2018

Sujet : "Neige", sujet 2 : "Sur les écrans, la neige"

Que tombe la neige

 

A l’heure des courses en ligne, des rencontres en ligne, de la télé en ligne, de la musique en ligne, du courrier en ligne, Lili est comme un poisson au bout de cette ligne. Elle enchaine les rendez-vous grâce à adopte un mec, elle écoute sa musique su Spotify et fait livrer ses repas par Allo Resto. Quand elle se promène, Lili, elle a les yeux rivé sur son téléphone. Elle suit ses itinéraires sur Google Maps, prend ses E-billet de ciné, regarde Netflix dans le train. Elle lève tellement peu la tête de son écran qu’elle à l’air bossue. Quand elle est chez elle, Lili n’étend son cou que pour regarder la télé et son ordinateur, toujours avec son téléphone mobile pas loin.

Si vous pensez que Lili est un cas grave d’addiction au High Tech, détrompez-vous tout le monde est comme ça. Le monde, les pays, les villes, les immeubles sont peuplés de bossus aux yeux abimés dans les écrans à longueur de journée. Ils tweetent, ils instagrament, ils facebookent, ils s’arrêtent occasionnellement, pour un rendez-vous Tinder ou Meetic, et encore pour ceux qui ne se contentent pas de Youporn.

Il reste pourtant quelques résistants, comme Mme Marguerite. Elle a 75 ans, Mme Marguerite, elle a un abruti de cellulaire offert par ses petits-enfants, elle a une tablette qui ne marche jamais, offerte par sa fille. Mais Mme Marguerite va tous les jours à l’épicerie de la rue Mons et le jeudi c’est jour de marché, elle en profite pour prendre des fleurs. Tous les vendredis, elle attend Rémy, son petit-fils. Il l’aide un peu avec son téléphone et sa tablette. Mais lui aussi il s’en fout dans le fond. Ce qu’il aime Rémy, c’est venir voir sa grand-mère et écouter ses vinyles. Rémy aime dire qu’il est vieux, qu’il n’est pas né à la bonne époque. Il aime le jazz et le rockabilly et le vendredi il écoute sa grand-mère lui raconter les bals de l’après-guerre en écoutant Elvis et Duke Elington, sur sa vieille machine.  L’été, il vont se balader sur les bords du canal et Rémy porte les sacs de courses. Ils regardent les canards qui nagent paisiblement n’attendant même plus que les zombie bossus ne le leur donne du pain.

Ce vendredi, Lili est encore au travail lorsque son ordinateur décide de planter. Quand elle appelle le service informatique, pas de ligne fixe. Elle tente avec son téléphone portable, pas de réseaux. Elle fait le tour des bureaux, tout le monde est dans le même cas qu’elle. Sa chef de service cour de bureau en bureau comme une poule sans tête. Après une bonne heure de ce manège et sans informations concrète, elle renvoi tout le monde chez eux.

Toujours en scrutant son mobile inactif, Lili se dirige vers le métro, elle bouscule un homme qui se retourne, rouge de rage et l’invective violement. Elle est tellement surprise qu’elle comprend à peine les mots qui sortent de la bouche du rougeot. Elle s’excuse platement et c’est la qu’elle se rend compte de la foule massé derrière lui et devant l’entrée du métro. Les gens soufflent, ralent, soupirent, puis hurlent de colère, lorsque la petite voix de l’agent des transports publiques, annonce qu’il faut se rabattre sur les bus et les taxi, car les métros et les trains sont hors service à cause d’un problème de réseaux. Et ce mobile qui est paralysé ! Lili se dirige vers l’arrêt du bus. Un quart d’heure plus tard, un bus bondé, s’arrête devant Lili et vingt autres personnes. La foule tente de se tasser dans le bus au bord de l’explosion. Lili abandonne, elle décide de rentrer à pied. Dans les rue, des gens hagards lèvent les yeux sur leur environnement. Certains font du stop faute de transports en communs, d’autres discutent des causes de ces problèmes de réseaux qui semble être étendus à toute la ville. Lili capte des bribes de conversations au long du chemin, assez pour comprendre que l’internet, le téléphone et la télé sont en panne sans doute dans tout le pays.

Arrivée chez elle par réflexe elle allume son écran géant pour y voir tombé la neige. Elle s’assoit en face de cet écran et le regarde l’air dépité. Le bruit blanc qui l’accompagne devient assourdissant. Lili allume son ordinateur pour voir s’afficher le dinosaure qui lui annonce qu’il n’y a pas de réseaux. Elle claque son ordinateur portable avec frustration. Elle regarde la neige sur la télé pendant un quart d’heure encore avant de l’éteindre rageusement et de jeter la télécommande à travers le salon.

Cela fait maintenant trois heure qu’elle déambule dans son appartement à la recherche de quelque chose pour s’occuper. Elle a lu un magazine, elle prit un bain, fait un défilé de mode pour la photo de sa mère qui trône sur une commode dans le salon, elle en est à ranger ses chaussures par couleur, lorsqu’elle entend de la musique venu d’un autre temps. Elle ouvre sa porte et suit la musique dans la cage d’escalier. Elle arrive au rez-de-chaussée en même temps qu’une petite femme ronde qui porte un saladier de chips. La porte de l’appartement de droite est grande ouverte, la musique vient de là. Lili suit la petit dame qui lui fait signe avec un grand sourire. Elles pénètrent dans le salon, ou une dizaine de personnes papotent joyeusement autour d’un buffet improvisé. Une dame âgée, mince et élégamment habillée, s’approche de Lili qui découvre la scène l’air médusé.  Elle se présente sous le nom de Marguerite et offre de lui servir un verre. Un jus de pomme et une poignée de chips plus tard, Lili discute avec un charmant jeune homme qui change le disque géant sur l’antique machine de la vieille dame. Ils parlent des disques comme si ils étaient des trésors. Elle apprend qu’il est le petit-fils de Marguerite, qu’il est professeur de musique dans un collège et qu’il joue du piano dans un groupe de jazz. Lili est tellement captivée qu’elle n’a pas remarqué la neige qui tombe sur l’écran de la télé dans un coin du salon. La petite dame ronde au saladier de chips s’approche pour leur proposer de la quiche. Elle s’attarde un peu alors que la conversation en est a l’étrange évènement qui les a rassemblé.  Elle s’appelle Mathilde et habite au quatrième étage juste au-dessus de chez Lili. Elle est informaticienne, quand tout à planté elle a du rentré chez elle. Pareil pour Guillaume qui a du quitter son poste à la banque ou il travaille. Peu à peu Lili rencontre ses voisins et de l’incident la conversation dérive vers la vie d’aujourd’hui pour en arriver au bon vieux temps et au bout d’un moment tout le monde écoute Marguerite qui raconte la vie de leur quartier dans les années soixante. L’épicerie de M. Camus, Caroline la fleuriste, le bal du  premier mai, le bal des pompiers, la petite salle de concert qui est passé du jazz aux yéyés. Comment tout le monde se connaissait, et le facteur qui prenait le temps de faire la conversation au gens alors que maintenant il ne prend même plus la peine de sonner pour un recommandé.

Mathilde est la première à partir, mais elle promet de passer prendre le thé le lendemain. Guillaume la suit de peu en promettant d’aider Thomas du deuxième gauche avec son problème d’assurance vie, en échange Thomas l’aidera avec son problème de fuite. Peu à peu les voisins s’éclipsent, en y allant chacun de sa promesse de se revoir. Et Lili reste seule avec Rémy à écouter du jazz tandis que Marguerite va se coucher. De conversations en conversations, Lili s’endort sur le canapé et Rémy sur la moquette. Le disque de Miles Davis s’arrête et la neige continue de tomber sur la télé.

Rémy ouvre l’œil au son du chant des oiseaux et du bruit de vent dans les feuilles. L’odeur du café dans la cuisine réveille Lili. Marguerite entre dans le salon un plateau chargé du petit déjeuner dans les mains. Rémy la débarrasse et Lili lui fait une place sur le canapé. Tous les trois partage ce moment au son de cette matinée printanière. Soudain la neige s’arrête sur la télé, un personnage en masque vert apparait sur l’écran. Il se présente comme étant d’un collectif appelé « Réveillez-vous », il explique avoir hacker les réseaux de communication afin de forcer les gens à profiter d’une vie plus simple, sans écran. Il invite les gens à méditer sur leur quelques heures coupé des réseaux et les invitent à le faire d’eux même plus souvent.  Puis les programme reprennent par des flash d’information affolés sur le blackout des réseaux de communication. Lili, Marguerite et Rémy se regarde avec étonnement et amusement. Lili éteint la télé.

Commentaires (8)

A-Nacht 5 avril 2018 à 23:21
J'aimerais trop que ça arrive ! J'ai souri béatement tout au long de la lecture. En fait Marguerite c'est Amélie Poulain 45 ans après xD
AirellaRed 6 avril 2018 à 04:51
Très bon texte! Des fautes d'accord sont à corriger mais le reste est bon. L'ambiance, les personnages, la situation, et l'idée qui est véhiculée. J'ai beaucoup aimé. Merci!
plancton2000 6 avril 2018 à 05:30
C'est un texte tout doux, dans lequel s'installe une belle ambiance. J'avoue que j'ai un point de vue beaucoup plus nuancé sur la question des "réseaux" (et au début j'ai un peu flippé que des avions commencent à s'écraser partout et les gens dans les hôpitaux à mourir, vu leur arrêt subit) mais ça ne m'a pas empêchée d'être prise par le texte. gage de qualité !
MaHell 6 avril 2018 à 05:55
grosses excuses pour les fautes a une heure du mat j'avais les yeux qui se croisaient je ferais mieux la prochaine fois promis ;) ça pique ce matin aussi !!
AirellaRed 6 avril 2018 à 06:03
Pourquoi t'excuser? C'est tout à fait compréhensible. Le texte est de belle taille, et tu l'as écrit en peu de temps. Donc les quelques fautes sont normales! Je ne l'ai dit que pour que tu le saches - et que tu puisses y revenir si tu en as envie (outil "éditer" permet de corriger son texte ;) ).
Miloon 6 avril 2018 à 12:30
putain, c'était bon !!!
Leeloorocks 6 avril 2018 à 13:42
Trop mignon ce texte ! Bravo copine pour ta première participation, tu m'as donné envie d'éteindre la téloche, le téléphone et l'ordi ! :*
Justine 6 avril 2018 à 14:44
Ton texte est juste...génial =D Comme quoi on a pas besoin d'engin high tech pour rencontrer du monde, on a juste à sortir un peu de chez soi x) Ton texte est très bon, félicitations x)